Le secteur minier marocain

SECTEUR MENIER

Présentation

Le Maroc est un pays de très longue tradition minière, comme en témoigne les vestiges, disséminés à travers tout le Maroc, datant pour certains de l’époque phénicienne, et qui indiquent que, l’industrie minière (exploitation et raffinage des métaux) a occupé, pendant des siècles, une place relativement importante dans l’activité économique du pays.
Cependant, ce n’est qu’au début des années 1920 que les premières mines modernes furent ouvertes, lorsque les puissances coloniales s’empressèrent d’évaluer les nombreux gisements de minerais (fer, plomb, cuivre, zinc, cobalt, manganèse, argent, antimoine, tungstène, spath fluor, phosphates etc.).
La création des principales institutions et établissements publics du secteur minier remonte à la même période :

  • Service Géologique en 1920 ;
  • Office Chérifien des Phosphates (OCP) en 1920 ;
  • Bureau de Recherches et de Participations Minières (BRPM) en 1928, transformé en 2005 en ONHYM par la fusion de l’ONAREP et du BRPM ;
  • Centrale d’Achat et de Développement de la Région Minière du Tafilalet et de Figuig (CATETAF) en 1960.

Depuis son indépendance en 1956, le Maroc a, et de façon continue, veillé à développer son potentiel minier, à réaliser des unités avancées en matière de recherche, d’exploitation et d’enrichissement des minerais et à assurer la formation des cadres et techniciens pour son industrie minière. Les phosphates, en particulier, ont joué un rôle primordial dans ce développement.
Aujourd’hui, le secteur minier constitue l’un des grands piliers de l’économie nationale. Il contribue de manière importante à son développement socio-économique notamment dans des régions minières souvent reculées et enclavées et contribue de manière directe à la balance commerciale du pays.
Outre les phosphates pour lesquels le Maroc est leader à l’échelle mondiale (premier exportateur et troisième producteur), le Maroc exploite toute une gamme d’autres minerais avec des niveaux de production importants : plomb, zinc, cuivre, manganèse, barytine, fluorine, cobalt, argent,…
La plupart de ces minerais subissent par ailleurs des opérations d’enrichissement et de transformation avant leur exportation, c’est le cas des phosphates pour la production d’acide phosphorique et de différents engrais, du plomb, de l’argent, du manganèse et du cobalt …
L’importance du secteur peut être appréhendée à travers les indicateurs ci-après :

  • Il représente 8% à 10% du PIB ;
  • Les exportations minières représentent 25% à 30 %, des recettes des exportations nationales (suivant les cours des produits miniers). Elles ont atteint 34% en 2008 ;
  • Le transport des produits miniers constitue environ 70% du tonnage transporté par voie ferré ou exporté par voie maritime ;
  • Le secteur draine des investissements importants de l’ordre de 10 à 20 Milliards de DH par an ;
  • Le secteur assure l’emploi à environ 40.000 salariés bénéficiant d’une masse salariale de l’ordre de 7,8 Milliards de DH ;
  • Il est Générateur d’environ 3 à 3.5 milliards de recettes fiscales ;
  • Il constitue un pôle de développement socio-économique régional :
    • L’activité minière est pratiquement assez bien répartie à travers toutes les régions économiques du Royaume, avec au moins une mine dans chacune des régions.
    • Le secteur contribue dans toutes ces régions au développement d’infrastructures diverses (routes, eau, électricité…)
    • Il y est créateur d’activités induites multiples.

STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SECTEUR MINIER (HORS PHOSPHATES)

Le Maroc s’est doté en 2013, d’une nouvelle stratégie minière, fruit d’un travail concerté entre les professionnels du secteur et le Département de l’Energie et des Mines.
Basée sur un diagnostic approfondi du secteur minier, soulignant ses forces et ses faiblesses ainsi que les opportunités et menaces auxquelles il est confronté, la nouvelle stratégie minière ambitionne, à l’horizon 2025, de :

  • Tripler le Chiffre d’affaires du secteur à plus de 15 Milliards de Dirhams ;
  • Multiplier par 10 le volume d’investissement dans l’exploration et la recherche minière à près de 4 Milliards de Dirhams ;
  • Doubler le nombre d’emplois générés par le secteur à plus de 30 000 emplois directs ;
  • Faire du secteur minier un modèle dans la gestion des aspects sociaux et environnementaux ;

Chiffres clés du secteur 2014 -Département de l’Energie et des Mines

CHIFFRES CLES DU SECTEUR 2014
(Source : Département de l’Energie et des Mines)

  • Contribution au PIB : 10%
  • Part dans les exportations nationales :
    • En valeur : 22 %
  • Investissements : 32,07 Milliards de DH
  • Effectifs : 39 000
  • Production globale :
    • produits miniers : 29,42 Millions de tonnes (dont 27,39 MT de phosphates)
    • produits transformés :
      • dérivés de phosphate :
        • P2O5 : 4,3 MT
        • Engrais : 4,8 MT
      • Autres produits transformés : 11 368 tonnes
  • Ventes totales : 51,6 Milliards de DH
    • Exportations : 41,02 Milliards de DH
    • Locales : 10,55 Milliards de DH

Evolution de la production minière globale
(Source : Département de l’Energie et des Mine)

Année 2010 2011 2012 2013 2014* Variation 2014/2013(%)
Production globale (en MT) 32,3 34,7 33,9 33,2 33,8 +1,8
Phosphates et dérivés 30,6 32,6 31,2 30,8 31,8 +3,2
Autres produits 1,7 2,1 2,7 2,4 2,0 -16,7

Evolution de la production minière hors valorisation:En Kt

PRODUITS 2010 2011 2012 2013p 2014*
Phosphates 26 603 28 052 27 060 26 400 27 390
Fer 44,7 78,9 260,7 301,1 22,910
Plomb 46,4 43,8 39,1 43,7 39,07
Zinc 87,4 90,1 91,6 82,1 89,57
Cuivre 53,3 43 59 46,3 66,48
Fluorine 89,7 79,2 79,3 81,2 79,84
Barytine 572,4 769,5 1021,4 1 094,5 1 006,6
Manganèse 75,6 58 90,2 111 91,271
Sel 503,4 720,8 730 488,3 439,16
Cobalt 31,1 21,6 20,1 20,3 21,51
Argile 82,6 103,7 81,8 59 73,5
Talc 0,5 0,2
Ghassoul 1,2 1,4 1,9 2 0,81
Bentonite 110,7 97,1 91,2 105,2 98,757
Pyrophilite 27,1 4,6
Autres 44,21 0,22 0,53
TOTAL 28 329 30 164 29 671 28 835 29 420

Evolution de la production des produits miniers transformés

PRODUITS 2010 2011 2012 2013 2014*
Acide phosphorique (Kt) 3 999 4 488 4 158 4 360 4400
Acide purifié (Kt) 101 106 104 101
Engrais solides (Kt) 3713 4 350 4 848 4 659 4800
Plomb doux (Kt) 38,2 36,5 15.6
Argent (t) 243 186,09 170,34 194,08 185,77
Or (t) 0,65 0,5199 0,5189 0,32 0,2124
Mattes cuivreuses (Kt) 0.89 0,47 0,60
Cathodes de Cobalt(t) 1 582 1 517,9 2 212,6 1 378.21 1361,47
Oxyde de zinc (Kt) 16,5 7,2 6,889 1,941 4,201
Sulfate de cuivre (t) 29 28,13 121,98 112,15 64,99
Sulfate de sodium (t) 8 325 6 456 4,862
Nickel (t) 317 217 288,04 160,39
Arsenic (Kt) 13,7 8,15 8,82 8,96 6,863
Oxyde antimonieux (kt) 1,7 1,57 0,71

Evolution des ventes minières

Année 2010 2011 2012 2013 2014* Variation
2014/2013 (%)
Ventes totales (en milliards de DH) 60 74,10 64,50 52,83 51,57 -2,39
Exportations 40 53,7 53,8 42,19 41,02 -4.1
Ventes locales 20 20,4 10,7 10,64 10,55 -0.84

Evolution des investissements miniers (1000 DH)

Années Recherche Exploitation + Valorisation Infrastructures  et
social
TOTAL
2008 339 000 4 140 350 211 990 4 691 340
2009 404 000 7 805 000 178 000 8 387 000
2010 102 398 3 677 957 291 420 4 071 775
2011 350 000 7 421 000 329 000 8 100 000
2012 354 000 12 917 450 328 550 13 600 000
2013 420 000 22 106 640 398 350 22 924 990
2014 350 000 29 600 000 2 950 000 32 900 000

CADRE LEGISLATIF ET REGLEMENTIRE

L’activité minière au Maroc, à l’exception des phosphates (monopole de l’Etat), est accessible à toute personne morale quelle que soit sa nationalité.
Dès 1914 une loi fondamentale réglementa l’activité minière et en 1923 de nouvelles dispositions légales permirent aux autorités marocaines de détenir des permis miniers pour mener des opérations d’exploration et d’exploitation minière.
Les textes régissant l’activité minière ont, depuis, connu plusieurs modifications allant dans le sens de l’encouragement de l’initiative privée et le développement de l’industrie minière nationale.
Le règlement minier, datant de 1951, qui a régi l’activité minière au Maroc, pendant 65 ans,a été abrogé par la nouvelle loi sur les mines « la loi N° 33-13 relative aux mines », publié au BO N° 6384 du 6 août 2015.
Cette nouvelle loi est entrée en vigueur le , date de la publication au BO de son principal décret d’application.

PRINCIPES GENERAUX DE LA LOI N° 33-13 RELATIVE AUX MINES

La loi relative aux mines (loi 33-13), repose sur les principes suivants :

  • les substances minérales constituent une propriété domaniale ;
  • Sont considérés comme mines toutes les substances minérales à usage industriel à l’exception des matériaux de construction et de génie civil et des marbres et granites destinés au revêtement qui demeurent régis par le texte sur les carrières. Les gîtes géothermiques sont également considérés comme mines
  • Les activités d’exploration, de recherche et d’exploitation de produits de mines sont effectuées en vertu d’un titre minier : Autorisation d’exploration, Permis de Recherche, Licence d’Exploitation ;
    La nouvelle loi a introduit l’institution de l’autorisation d’exploitation haldes et terrils, prévue pour l’enrichissement et/ou la valorisation des masses constituées de rejets et déchets de produits de mines provenant des opérations d’extraction et/ou de traitement et/ou de valorisation de ces produits ;
    Elle a également introduit des dispositions pour l’exploitation des cavités naturelles ou artificielles destinées au stockage souterrain du gaz naturel, des hydrocarbures liquides, liquéfiés ou gazeux, ou de produits chimiques à usage industriel ;
  • Le permis de recherche et la licence d’exploitation de mines constituent des droits immobiliers, de durée limitée et distincts de la propriété du sol ;
  • L’exploration, la recherche et l’exploitation des produits de mines sont considérées comme des actes de commerce ;
  • le droit minier s’acquiert en règle générale à la priorité de la demande, sous réserve de justification de capacités techniques et financières.

 

PRINCIPALES MESURES DE LA LOI

TITRES MINERS

  • Autorisation d’exploration :
    Cette autorisation offre la possibilité aux permissionnaires de développer des programmes d’exploration sur de zones de grandes superficies allant de 100 à 600 km2 ;
    Elle peut porter sur des périmètres couverts ou non par un permis de recherche ou une licence d’exploitation.
    Elle est valable pour une période de deux ans et renouvelable une seule fois pour une période d’une année.
    Elle confère à son titulaire le droit exclusif d’exploration dans la zone concernée et le droit exclusif pour l’obtention d’un ou de plusieurs permis de recherche à l’intérieur de ladite zone et pour l’ensemble des produits de mines, à condition d’en présenter la demande pendant la durée de validité de l’autorisation d’exploration.
  • Permis de recherche :
    Le permis de recherche confère à son titulaire le droit exclusif d’explorer et de reconnaître toutes les substances considérées comme mines.
    Il porte sur un périmètre de forme carrée de 4 km sur 4 km.
    Il est accordé pour une période de trois ans renouvelable une seule fois pour une période de quatre ans.
  • Licence d’exploitation :
    La licence d’exploitation ne peut être attribuée qu’au titulaire ayant démontré l’existence d’un ou de plusieurs gisements dans le périmètre couvert par son ou ses permis de recherche. Elle découle d’un ou de plusieurs permis de recherche contigus et détenus par le même titulaire ;
    La superficie de la licence est fixée, à la demande du titulaire du ou des permis de recherche, en fonction de l’étendue du gisement découvert.
    Elle confère à son titulaire le droit exclusif d’extraction et/ou de mise en valeur de produits de mines à partir d’un gisement en vue de l’obtention de produits de mines marchands.
    La licence d’exploitation de mines est accordée pour une durée de dix ans. Elle est renouvelable par périodes successives de dix ans jusqu’à épuisement des réserves.

CONTROLE ADMINISTRATIF
La loi relative aux mines a introduit de nouvelles dispositions concernant l’étude d’impact sur l’environnement et le plan d’abandon dans le but de renforcer la protection de l’environnement et le développement durable ;
Les exploitants sont soumis à la surveillance de l’Administration pour ce qui concerne la sécurité publique, la sécurité et l’hygiène des travailleurs, la formation professionnelle, la conservation de la mine, la protection des sources, voies publiques et édifices de surface.

RELATIONS AVEC LES PROPRIETAIRES DU SOL
La loi relative aux mines établit une nette distinction entre la propriété du sol et celle du sous-sol. Cependant, les exploitants miniers jouissent du droit d’occuper temporairement les terrains nécessaires à la réalisation de leurs travaux. L’indemnité due au titre de cette occupation peut être le résultat d’une entente amiable ou fixée par une commission provinciale.

 

FISCALITE

Taxes d’institution des titres miniers
Les taxes minières dues sur les permis miniers sont fixées par décret.
Elles sont modestes et payables à l’institution ou au renouvellement des titres miniers.
Mesures d’encouragement
Les Pouvoirs Publics ont mis en place des mesures importantes d’encouragement fiscales et financières, pour l’épanouissement de la mine marocaine ; ainsi sont appliquées :

  • des exonérations des droits de douane et taxes sur les équipements importés (pour les projets d’investissements dépassant 200 millions de DH)
  • une réduction de 50 % de l’Impôt sur les Sociétés ou Impôt Général sur les Revenus pour les sociétés minières exportant directement ou indirectement leurs produits miniers.
  • la participation de l’Etat aux travaux d’infrastructure (routes, adduction d’eau, l’électricité…) pouvant atteindre 50% à 70 % du montant de ces réalisations dans la limite de 5% du montant de l’investissement (pour les projets d’investissements dépassant 200 millions de DH)

Géologie du Maroc

Aperçu de la Géologie du Maroc

Géologie du Maroc – Domaines structuraux
(Source : repris intégralement du site WEB de l’ONHYM)

Le Maroc se situe au coin nord-ouest de la plateforme saharienne, il est entouré par les plaques mobiles de la mer méditerranée au Nord et l’océan atlantique à l’Ouest.
En effet, au cours de sa longue histoire géologique conditionnée par cette position de charnière, entre les continents africains, européen et américain…plusieurs cycles orogéniques se sont succédés, contribuant chacun, par son contexte géodynamique et son ampleur, à façonner les grands domaines structuraux du Maroc.
C’est ainsi que l’on en distingue trois, définis en fonction de la localisation et de l’importance des effets des orogenèses les plus récentes. Du Sud au Nord, le domaine anti-atlasique et son prolongement saharien, le domaine atlasique et mésetien et le domaine rifain séparés les uns des autres, par l’accident sud-atlasique d’une part et la limite des charriages tertiaires venus du Nord, d’autre part. Les deux derniers domaines sont caractérisés par l’empreinte prédominante laissée par les orogenèses varisque et alpine tandis que le premier domaine a été essentiellement façonné par les orogenèses précambriennes et varisque.

Domaine anti atlasique et saharien
Intimement lié au bouclier ouest africain au Sud et limité par l’accident sud-atlasique au Nord, ce domaine est formé par un socle protérozoïque constitué par les ensembles suivants :

  • La partie nord de la dorsale archéenne des Reguibat, datée à 2800 Millions d’années, la plus ancienne du pays et qui est affectée par l’orogenèse éburnéenne à 2200 Millions d’années. Au Nord de ce socle éburnéen, se trouve la partie mobile de la chaîne panafricaine d’âge protérozoïque supérieur, constituée au sud par une plateforme elle même relayée au nord par un bassin océanique matérialisé par la paléosuture ophiolitique de Bou-Azzer.
  • Au Nord-Est de cette suture et dans un contexte de subduction panafricaine, s’est développé un arc volcanique avec un cortège de vulcanites et d’intrusions plutoniques calco-alcalines caractéristiques. Ces ensembles ont été structurés par l’orogenèse panafricaine. Ces formations protérozoïques sont recouvertes en discordance par des séries transgressives allant de l’Infracambrien au Carbonifère et qui sont déformées, comme celles qu’elles recouvrent, par l’orogenèse hercynienne. Celle-ci est notamment mieux exprimée dans la partie occidentale de l’Anti-Atlas.

Domaine atlasique et mésétien
Situé entre l’accident sud atlasique et la limite sud du Prérif, ce domaine est constitué par :

  • Un socle paléozoïque (les mésetas) d’âge allant du Cambrien jusqu’au Carbonifère et constitué essentiellement par des terrains sédimentaires avec une intense activité volcanique bimodale au Viséen. Ce socle a été structuré par l’orogenèse hercynienne responsable aussi de la mise en place de nombreuses intrusions de granitoïdes.
  • Une couverture, formée de terrains essentiellement carbonatés, mésozoïques et cénozoïques comportant deux unités structurales :
    • Une zone à couverture plissée comprenant le Haut et le Moyen Atlas, ayant subi une tectonique alpine précoce.
    • Une zone à couverture tabulaire comprenant le causse moyen atlasique, les hauts plateaux et le pays des horts dans le Maroc oriental.

Domaine rifain
Il est constitué par les zones internes, la zone des flyshs et les zones externes.
Les zones internes sont représentées dans deux régions sur la côte méditerranéenne : entre Sebta et Jabha et dans les Bokkoya. Par leur origine, ces zones internes sont liées à la plaque d’Alboran, individualisée au Mésozoïque entre l’Afrique et l’Europe et se composent de plusieurs unités cristallines et sédimentaires.
Le domaine des nappes des flyshs est constitué d’unités formées de séries sédimentaires détritiques déposées dans un bassin profond, à la marge de la plaque d’Alboran.
Les zones externes correspondent à l’ancien sillon externe, établi sur la marge nord-africaine, comblé par d’épaisses séries mésozoïques et cénozoïques. Parmi les unités qui constituent ces zones, certaines sont enracinées et d’autres sont sous forme de nappes.

Carte traits structuraux du Maroc

traits_maroc

Les provinces métallogéniques au Maroc

(Source : reprise intégrale du site web de l’ONHYM)

Les gisements et indices miniers au Maroc se regroupent au sein de provinces
métallogéniques établies en liaison avec les grands événements géodynamiques qui
ont caractérisé la géologie du Maroc

METALLOGENIE ET GEODYNAMIQUE AU MAROC

Carte_Province_Maroc

MINERALISATIONS DANS LE SOCLE EBURNEEN

Dans ce socle cratonisé, l’orogenèse éburnéenne est responsable de la formation de gisements aurifères de type or orogénique dont le plus important étant celui d’Iourirn (boutonnière de Tagragra d’Akka). D’autres occurrences se trouvent dans les boutonnières de Kerdous, Zenaga, Ighrem et Tata. Dans ce socle, existe aussi des minéralisations pneumatolithiques à béryl, micas et feldspaths encaissées essentiellement dans des filons de pegmatites.

MINERALISATIONS LIEES AU CYCLE PANAFRICAIN

  • Minéralisations à Co-Cr Au-Cu liées à l’évènement de rifting pré-panafricain
    Cet évènement a conditionné la genèse des minéralisations dans les deux domaines paléogéographiques qu’il a structurés :

    • Dans la plateforme, le rifting pré-panafricain est responsable d’une importante activité exhalative à l’origine des minéralisations de cuivre de Bleida ;
    • Dans le domaine océanique, on note principalement les minéralisations du district de Bou Azzer à Co-Au (liées génétiquement et spatialement aux serpentines) et les minéralisations aurifères de Tafrent dans le massif de Sirwa, encaissées par des amphibolites dans un contexte comparable à celui des roches vertes.
  • Minéralisations à métaux précieux dans le contexte arc
    Dans ce contexte, les minéralisations les plus typiques sont localisées dans les massifs de Saghro et de l’Ougnat. Il s’agit des minéralisations à Au-Cu de Tiouit, du gisement argentifère d’Imiter, des minéralisations aurifères de Qalaat Mgouna, des minéralisations à W de Taourirt Tamellalt et de nombreuses minéralisations filoniennes polymétalliques comme Boumadine, Tizi Moudou, Assif Imider ainsi que les disséminations dans le Protérozoïque terminal dans la région de Ouarzazate.
  • Minéralisations de cuivre liées au bassin adoudounien
    Avec une typologie qui rappelle les kupferschiefers, ces minéralisations (post-panafricaines) sont situées à la base de la transgression infracambrienne sur le socle protérozoïque de l’Anti-Atlas. Le contrôle paléogéographique de ces minéralisations cuprifères se manifeste par leur localisation à proximité et autour des paléoreliefs précambriens et leur situation dans un niveau stratigraphique régional.

MINERALISATIONS DU DOMAINE HERCYNIEN

Le cycle hercynien constitue également une province métallogénique très productive dont les minéralisations se répartissent en sous-provinces de la manière suivante:

  • Sous-province à amas sulfurés des Jebilet Guemassa
    Elle est caractérisée par des minéralisations polymétalliques volcanogènes liées au volcanisme pré-orogénique de la Meseta occidentale. Les gisements les plus importants pour ce type sont: Hajar, Draa Sfar, Kettara et Koudiat Aïcha.
  • Sous-province a minéralisations péribatholitiques du Maroc central
    Le terme de province métallogénique ne traduit pas avec fidélité la répartition de telles minéralisations car celles-ci se rencontrent partout au Maroc hercynien. Il est donc préconisé d’utiliser la notion d’époque métallogénique hercynienne qui se traduit par des minéralisations autour des granitoïdes hercyniens. Dans le Maroc central, nous avons les minéralisations pneumatolithiques ou à départ acide à étain d’Achmmach, le gisement d’étain d’El Karit, le filon de fluorine d’El Hammam, celui à F-Pb-Ba-Ag de Zrahina, les concentrations pyrométasomatiques à Sn- W autour du granite de Ment et les filons à Pb-Sb ou Pb seul dont le plus important étant celui de Tighza. Dans les jebilet, nous avons les skarns de Sidi Bou Othmane, Argent de Koudia El Beida et de Koudiat Hamra et enfin, dans le Haut Atlas, existent le gisement pyrométasomatique à W-Cu-Mo d’Azegour et les minéralisations de W-Sn-Cu-Au autour du massif de Tichka.
    Récemment, de nouveaux types de minéralisations hercyniennes ont été mises en évidence comme celles de Jbel Malek (Au) (région de Tan-Tan) et Azouggar N’Tilili (Pb, Zn, Ag, Au) (région de Bas Draa).

MINERALISATIONS DU DOMAINE ALPIN

Le cycle alpin se caractérise par des minéralisations de métaux de base et de roches et minéraux industriels. En dehors des minéralisations filoniennes de la phase pré-atlasique et de la compression post-jurassique, de nombreuses minéralisations sont stratiformes et générées dans un contexte sédimentaire lié aux différents cycles de transgressions marines. En raison de la très large répartition géographique des minéralisations, il est préférable de les classer par époque métallogénique et/ou phase tectonique.

  • Minéralisations filoniennes BPGC de la phase pré-atlasique
    Cette phase cassante est responsable de nombreuses minéralisations filoniennes, de basses températures encaissées soit dans le socle paléozoïque soit dans les couvertures du Trias-Jurassique. Nous signalons principalement les filons plombifères de Tafilalet et Addana, les filons de Pb-Cu-Zn des Jebilet et du Haut-Atlas central et les filons de barytine des Jebilet occidentales et du Haut-Atlas.
  • Minéralisations stratiformes à la base des transgressions
    Pour ce type de minéralisations formées dans un contexte sédimentaire, le contact socle couverture a joué un rôle paléogéographique très important dans la concentration des métaux.
    Dans le Trias, les principales minéralisations sont celles de type red-bed plombifère de Zayda, les occurrences de cuivre d’Argana et les concentrations de sel gemme, de gypse et de potasse de Mohammedia et de Safi. Dans le Jurassique existent des gîtes stratifor¬mes de manganèse de Bou-Arfa et de Tiharatine, le red-bed à Pb-Cu de Sidi-Rahmoune et les gisements de gypse et d’anhydrite du bassin de Safi. Dans le Crétacé, les minéralisations les plus importantes sont les concentrations de manganèse d’Imini, les minéralisations à plomb, zinc et cuivre de Merija et de Tansrift, les minéralisations phosphatées dans les bassins de Khouribga, Gantour, Oulad Abdoun et Bou Kraa et les marnes et les schistes bitumineux dans les secteurs de Tarfaya, Boujdour, Timahdit et de Tanger.
  • Minéralisations Pb-Zn de type Mississipi Valley
    Pour ce type de gisement, le Jurassique constitue une importante époque métallogénique. Ce sont des minéralisations stratoïdes kastiques ou filoniennes, encaissées par des dolomies. Les gisements les plus importants sont ceux de Boubker-Touissit, Beddiane, Oued Mekta et Mibladen. On rencontre aussi de tel¬les minéralisations dans le Haut-Atlas oriental et central et sont le plus souvent localisées à proximité des intrusions basiques. Dans le Rif, il est intéressant de citer le gisement Pb-Zn d’Adeldal situé dans la dorsale calcaire et encaissé par une dolomie zébrée du Trias.
  • Minéralisations liées aux intrusions basiques
    Ce sont les occurrences de nickel associées aux intrusions de gabbros troctolitiques dans le Haut Atlas central (Tassent et Tirrhist).
  • Minéralisations liées au volcanisme néogène
    Les principaux gisements associés à ce volcanisme sont les concentrations de bentonite et de perlite dans le Rif oriental. Les principaux gisements de bentonite sont ceux de Gourougou, de Tidiennit, d’Amjar, de Terbia, d’Ihammachene, d’Azzouzet, d’lbourhardain, d’Ikasmeouen et d’Oued Zemmour. Pour la perlite, le plus important gisement étant celui de Tidiennit.
  • Les placers
    Les principaux placers se localisent sur le littoral marin. Le plus important étant celui à Zr-Ti de Bouissafen dans la région de Tarfaya. Des occurrences de même type sont localisées dans les régions Safi, Essaouira, Agadir et Saïdia. Sur le granite d’Oulmès, existe un placer éluvial à cassitérite.
DOMAINES OROGENIQUES SITES GEODYNAMIQUES MINERALISATIONS
ARCHEEN
(Dorsale Aghaylas, chaîne de matalla)
RIFT – Carbonatites à Fe, U, Terres rares, Ta, Nb (Glibat Lafhouda, Twihinate)

– Veines aurifères (Lafwila)

EBURNEEN SOCLE CRATONISE – Or orogénique (Iourirn)

– Beryl (Indices
de Zenaga)

PANAFRICAIN RIFTING EN PLATEFORME / BASSIN ARRIERE ARC – Cu exhalatif (Bleida)

– Co-Cr / Co – Au liés aux ophiolites (Bou-Azzer)

– Au dans amphibolites (Tafrent)

ARC
PLUTO – VOLCANIQUE
– Au – Cu dans
veines mésothermales (Tiouit)- Ag dans veines
épithermales (Imiter)- Au dans veines pneumatolitiques (Qalâat Mgouna)

– Cu volcanogène (Tizi Moudou…)

– W en veines (Taourirt – Tamlalt)

PLATEFORME
INFRACAMBRIENNE
Cu de type kupper schieffer
de l’Anti-Atlas occidental (Tazalaght,   Tizert…)
HERCYNIEN RIFT
INTRACONTINENTAL / ARRIERE ARC
VMS des Jebilet – Guemassa (Hajjar – Draâ Sfar – Kettara)
CONTEXTE
POST – COLLISIONEL
Filons
de départ acide (Sn : Achmmach, El Karit, Fluorine (El Hammam),   gisements pyrométasomatiques (W, Cu, Mo, Azegour…),
Jbel Malek (Au) et   Azouggar
N’Tilili (Au, Pb, Zn, Ag)…
ALPIN BASSINS
CONTINENTAUX ET DE PLATEFORME
Trias: Zeida (Pb) – Evaporites Jurassique : Bou Arfa (Mn) Touissit –   Boubeker (Pb)
Bentonite et Perlite du Rif